Stad Amsterdam
INFORMATIONS
FRANCE 🇫🇷
Longueur hors-tout : 26 m
Maître-bau : 6 m
Tirant d’eau : 2,8 m
Voilure : 170 m²
Année de lancement : 1961
Armateur : Association Fécamp Vieux Gréements – AFDAM
Port d’attache : Fécamp
Présences Armada : 2023
Histoire
Tout est dans le nom. Tante Fine — diminutif affectueux de Joséphine — c’est la tante qui a mis la main au porte-monnaie. En 1960, à Plouhinec, en face d’Audierne, trois frères marins-pêcheurs bretons rêvent d’un bateau à leur mesure. C’est leur tante Joséphine qui finance une partie de la construction. En juillet 1961, le dundee langoustier glisse dans l’eau, portant son prénom pour toujours. Un hommage familial, ancré dans la tradition maritime bretonne.
Pendant vingt-cinq ans, le Tante Fine gagne sa vie à la sueur de l’équipage. Il part d’abord pêcher la langouste au large des côtes de Mauritanie, dans ces eaux africaines que les thoniers et langoustiers bretons sillonnaient encore à cette époque, puis se reconvertit dans la pêche au thon à la ligne dans le golfe de Gascogne. Lorsque ces techniques de pêche disparaissent peu à peu, il remonte vers le nord et travaille aux casiers en Bretagne et jusqu’en mer d’Irlande, jusqu’en 1986. Jugé trop vieux, il est abandonné à quai à Perros-Guirec, où il se délabre lentement, sans que personne ne s’en soucie.
C’est une association fécampoise, l’AFDAM, qui le sauve de la casse en 1991 — à l’état d’épave, à peine flottant. Le voilier est rapatrié à Fécamp et confié au chantier naval local, où plus de 10 000 heures de travail — en grande partie assurées dans le cadre de chantiers de réinsertion et de jeunes en difficulté — lui redonnent vie. Ce sauvetage humain autant que maritime donne le ton de ce que sera le Tante Fine pour les décennies suivantes : un outil de transmission, un bateau qui remet des gens debout.
Restauré une nouvelle fois début 2020 au chantier Bernard de Saint-Vaast-la-Hougue, il est aujourd’hui l’un des derniers dundees à coque en chêne construits de façon traditionnelle encore en navigation. Il propose des journées de découverte et des croisières pour enfants, scolaires et adultes, dans l’esprit de la voile traditionnelle. En compétition, il s’est même offert le luxe de remporter le trophée Cutty Sark en 2002 — premier bateau français à décrocher ce titre dans cette course de grands voiliers, une performance d’autant plus savoureuse pour un ancien langoustier breton reconverti en voilier de réinsertion.
À l’Armada de Rouen 2023, le plus normand des voiliers bretons faisait sa première apparition sur la Seine — chez le voisin, à quelques encablures de son port d’attache de Fécamp.
